Wild Side Vidéo édite en DVD


Macbeth (1948)
de Orson Welles (et William Shakespeare)

Disponible en coffret 3 DVD, en version intégrale restaurée haute définition
accompagnée d'un livret de 80 pages conçu par Jean-François Buiré

11ème siècle. Une contrée plongée dans la brume, pelée et macabre.
Un noble écossais, influencé par une sombre prophétie et par sa belle mais redoutable jeune épouse, est conduit à commettre un acte de trahison qui va le rendre ROI. Mais il n’apprécie guère sa couronne si chèrement acquise….

Né de la rencontre de deux génies, SHAKESPEARE et WELLES, Macbeth est un monument de l'histoire du cinéma.

« Le Macbeth d’Orson Welles est d’une force sauvage et désinvolte. (…) les héros du drame se meuvent dans les couloirs d’une sorte de métropolitain de rêve, dans des caves détruites où l’eau suinte, dans une mine de charbon abandonnée. Jamais une prise de vue n’est hasardeuse. Nous nous demandons parfois dans quel âge ce cauchemar se déroule… »
Jean Cocteau - Août 1949
.

Avec : Orson Welles, Jeanette Nolan, Dan O'Herlihy, Roddy McDowall, Edgar Barrier & Alain Napier.
 

Les disques et suppléments DVD
Les caractéristiques techniques du DVD
 

Disque 1 : Version longue, telle que voulue par Orson Welles, entièrement restaurée - incluant les dialogues avec les accents écossais.

Disque 2 : Version courte, telle qu'exploitée en salles à l'époque.

Disque 3 : Supplements
- Vaudou Macbeth : les seules 4 min. existantes du Vaudou Macbeth, pièce de 1936 montée par Orson Welles à New-York uniquement avec des acteurs Afro-Américains.
- Enregistrement radiophonique de Macbeth, la pièce, réalisé par Orson Welles en 1940 (78’).
- Welles et Shakespeare : Analyse par Jean-Pierre Berthomé, universitaire spécialiste de Welles (13’).
- Analyse détaillée des 2 versions du film (26’) par François Thomas, universitaire spécialiste de Welles.
- Séquences thématiques commentées : l’image / le son / la musique
- Le décor : analyse détaillée par Jean-Pierre Berthomé, croquis de Welles lui-même à l'appui.
- La restauration (13') : retour sur le processus et le formidable travail accompli pour aboutir à une version originelle enfin visible, incluant des croquis d'Orson Welles d'époque.





Nouveau "master restauré haute définition".
Format image : 1.33, 4/3 – Noir & Blanc.
Format son : anglais mono - Sous-titres : français.
Durée : - 114 min. (version longue / Disque 1).
- 85 min. (version courte / Disque 2).


 

 

 

 
MACBETH par Jean-François Buiré
Extraits du livre exclusif accompagnant le coffret DVD

 

      

 

 

« Tu es superstitieux ?
- Comme tout acteur shakespearien qui se respecte.
- Je sais que Macbeth est censé apporter la poisse à tous ceux qui le jouent.
- Et il y a de bonnes raisons à cela. Je l’ai joué deux fois au théâtre, je l’ai mis en scène une troisième fois, et j’en ai fait un film, alors, pour être au courant… Cette pièce est oppressante pour tout le monde. Vraiment, c’est terrifiant, elle ne vous quitte pas de la journée. Elle génère une atmosphère si épouvantable qu’il est facile de comprendre comment fonctionne cette vieille superstition. »

Comme pour conforter cette « vieille superstition » dont parle Orson Welles à Peter Bogdanovich (qu’il n’exagère pas : longtemps, les comédiens dirent « la pièce écossaise », afin d’en taire le titre), les films qui renvoient peu ou prou au Macbeth de Shakespeare se sont toujours avérés grinçants, pessimistes ou douloureux. Dans Eve de Joseph Mankiewicz, le poussiéreux président de la Sarah Siddon Society se présente comme « un pauvre comédien qui se pavane et s’agite une heure sur la scène », citant la plus célèbre tirade de la pièce (acte 5, scène 5) ; plus tard, un personnage dit d’une ambiance particulièrement tendue qu’elle est « very macbetish ». Un des patients de l’asile de La Toile d’araignée de Vincente Minnelli, voulant chasser le souvenir de sa mère, répète en pleurant la supplique de Macbeth au docteur (« Ne peux-tu pas soigner un esprit malade... »).

Toby Dammit de Federico Fellini montre une vedette tourmentée qui, priée de donner un aperçu de son art lors d’une inénarrable remise de prix, se met à déclamer - devinez quoi ? « Eteins-toi, éteins-toi, court flambeau ! La vie n’est qu’un fantôme errant, un pauvre comédien qui se pavane et s’agite… » - acte 5, scène 5 ! Prenez la fin de La Porte du paradis, de Michael Cimino : en route vers l’ultime carnage, les pauvres immigrants avancent vers le camp retranché des éleveurs derrière des boucliers de rondins montés sur roues, nouvelle version de la forêt mouvante du dernier acte de Macbeth. Mais aussi En Présence d’un clown, d’Ingmar Bergman : le titre original de ce téléfilm hanté par le théâtre, où la Mort rôde sous l’aspect d’un clown féminin, obscène et inquiétant, est Larmar och gör sig till c’est-à-dire... S’agite et se pavane ! Ajoutez à cela le sang versé que l’on tente compulsivement d’effacer, qui revient chez Welles dans La Soif du mal (Quinlan se frottant la main dans le bourbier final) ou encore dans Psychose de son frère ennemi Alfred Hitchcock (le nettoyage par Norman Bates de la douche sanglante) et qu’évoquait la scène des Enfants terribles de Jean-Pierre Melville où Elisabeth, échafaudant ses noirs complots, se rince les mains au lavabo
(« Tous les parfums de l’Arabie ne pourraient pas purifier cette petite main… », récite alors Cocteau), vous commencerez à comprendre pourquoi Macbeth et sa tirade fameuse de l’acte 5 (scène 5 !) sont devenus le chiffre en cinéma d’une vanité existentielle plutôt déprimante, d’une comédie humaine rien moins que réjouissante.
Le nom même du Mr. Arkadin interprété par Welles dans son film de 1955, ogre hésitant entre King Lear et Richard III, colosse aux pieds d’argile semant la mort sur son passage, ne serait-il pas le souvenir d’un mot marquant d’une autre réplique du régicide écossais, également célèbre et elle aussi sanglante (que Welles tint à conserver dans son adaptation, bien qu’on l’incitât à l’éliminer en même temps que d’autres termes jugés
« obscurs ») : « This my hand will rather the multitudinous seas incarnadine, making the green one red » (« C’est plutôt ma main qui empourprerait les vagues innombrables, faisant de l’eau verte un flot rouge ») ?
(…)