MK2 édite en DVD


Henri Cartier-Bresson (2006)
en coffret double DVD

 

Henri Cartier-Bresson n'est pas « seulement » l'un des photographes les plus reconnus mondialement. En une poignée de documentaires à peine, réalisés des années 30 à 70, il atteste d'une affection particulière pour le cinéma, un médium qu'il conçoit comme « une alternative à la photographie dans la manière de voir le monde et d'en saisir le mouvement. »

Peu de temps avant sa mort, un projet sous l'égide de la Fondation Henri Cartier-Bresson lui tient particulièrement à cœur : il souhaite que l'intégralité de ses films soit éditée en DVD pour que ces derniers connaissent un nouveau public.

Ce coffret hommage contient 5 oeuvres majeures réalisées par Henri Cartier-Bresson cinéaste. Sélectionnés par Serge Toubiana, directeur de la Cinémathèque française, une série de documentaires consacrés à l'artiste permet de (re)découvrir une oeuvre cinématographique forte et rare. Ainsi, nous pourrons approcher de plus près « l'œil du siècle » et connaître « l'histoire [de ce] regard », comme l'a écrit son biographe Pierre Assouline.


 

Descriptif détaillé du disc 1
Descriptif détaillé du disc 2
 
Victoire de la vie (1938), documentaire d'Henri Cartier-Bresson sur l'entraide médicale au service de l'Espagne républicaine assaillie par les troupes du Général Franco. 47'

L'Espagne vivra (1938), second documentaire de Henri Cartier-Bresson sur la Guerre d'Espagne, réalisé pour le compte du Secours Populaire, avec un commentaire de Georges Sadoul. 44'

Le Retour (1945), un documentaire d'Henri Cartier-Bresson qui évoque en images le long chemin harassant de millions d'hommes, prisonniers de guerre, se croisant sur les routes d'Allemagne en chemin vers leurs foyers. 33'

California Impressions et Southern Exposures, deux documentaires en couleur tournés en 1970 pour le compte de la chaîne de télévision CBS News, sont des carnets de voyage d'Henri Cartier-Bresson dans l'Amérique profonde. 25' et 26'


Henri Cartier-Bresson, Biographie d'un regard de Heinz Butler (2003), un des derniers films tournés avec la complicité du photographe.
Henri Cartier-Bresson commente plusieurs de ses photos. Témoignages d'Isabelle Huppert, Arthur Miller, Josef Koudelka, Elliott Erwitt, Ferdinando Scianna et Robert Delpire. 52'
L'Aventure moderne de Roger Kahane (1975) nous montre Henri Cartier-Bresson au travail.
Le regard en éveil, le photographe guette sa proie, le Leica invisible dans une main. 29'
Contacts de Robert Delpire filme les planches contact de Henri Cartier-Bresson. Au-delà de la surface photographique, la profondeur d'un regard sur le monde. 12'
Flagrants délits de Robert Delpire (1967) est un film de pur montage réalisé à partir des photographies les plus célèbres de Henri Cartier-Bresson, accompagné d'une musique originale de Diego Masson. 22'
Une Journée dans l'atelier d'Henri Cartier-Bresson réalisé par Caroline Thiénot Barbey (2005) filme Henri Cartier-Bresson en train de dessiner et peindre. Une réflexion libre sur l'enfance de l'art. 16'
Ecrire contre l'oubli, un film de Martine Franck et Henri Cartier-Bresson, réalisé pour Amnesty International (1991).
Henri Cartier-Bresson exprime sa colère dans une lettre au Président de la Mauritanie, après avoir appris la mort de Mamadou Bâ, un jeune berger assassiné par des gardes nationaux. 3'

 
 

Coffret double DVD accompagné d'un un livre (100 pages, 192x137) illustré de nombreuses photos et constitué de textes de Serge Toubiana éclaire l'œuvre cinématographique d'Henri Cartier-Bresson. Articles et documents d'époque complètent cet ouvrage inédit.

 
 

Durée disc 1
: 177 minutes.
Durée disc 2
: 133 minutes.
Langue
: française. Sous-titrages : français. Menus : français et anglais.
Format image : Pal - 16/9ème compatible 4/3. Couleur et N & B.
Format audio : mono et stéréo.

 

 
Henri-Cartier Bresson et le cinéma
 

      

 

 


Outre la photographie, la peinture et le dessin, Henri Cartier-Bresson a toujours manifesté un intérêt pour le cinéma. En 1935, alors qu'il séjourne aux Etats-Unis où il prend ses premiers clichés de New-York, Henri Cartier-Bresson rencontre et assiste le photographe et cinéaste Paul Strand qui l'initie au cinéma. De retour en France, sa fréquentation des groupes surréalistes l'amène à contacter Luis Bunuel, mais le réalisateur de L'Age d'or et Las Hurdes refuse de l'engager. C'est Jean Renoir, en 1936, qui offre à Henri Cartier-Bresson sa première expérience de mise en scène sur La Vie est à nous. Le film est une commande passée par le Parti Communiste français à quelques mois des élections de 1936 qui verront le Front Populaire l'emporter très largement. « Ce moment était un moment d'enthousiasme, dira Jean Renoir. Sorte de feu d'artifice avant la catastrophe. » Renoir l'engage de nouveau sur Une Partie de campagne (1936), en tant que second assistant- il rencontre à cette occasion Luchino Visconti et Jacques Becker, puis sur La Règle du jeu, en 1939. Henri Cartier-Bresson délaisse la fiction pour le documentaire qui devient son genre de prédilection. « Je savais que je ne ferais pas de mise en scène, probablement des documentaires, car je n'ai pas d'imagination littéraire. [..,] et les grands films, je crois, sont faits pour des gens qui se rapprochent des romanciers. », explique-t-il. En 1937, en pleine guerre civile, il réalise son premier documentaire. Victoire de la vie, sur les hôpitaux de l'Espagne républicaine, alors assaillie par les troupes de Franco. Suivra L'Espagne vivra, une commande du Secours Populaire Français et des Colonies. Le commentaire, à la rhétorique politique et militante, est signé Georges Sadoul.
Lorsque la guerre éclate en 1939, Henri Cartier-Bresson est gradé Caporal et la mission de son unité consiste à photographier et filmer la guerre. A la Libération, il entreprend un film sur le retour des prisonniers d'Allemagne dans leurs pays respectifs. Fait d'images d'archivé, d'images de guerre prises par les alliés et de prisonniers allemands, Le Retour enregistre l'ouverture des camps. La liesse populaire saluant les armées libératrices laisse vite la place à l'insoutenable de l'horreur concentrationnaire.
Enfin, en 1969 et 1970, Henri Cartier-Bresson réalise deux documentaires pour la chaîne de télévision CBS News. Tournés en couleur, Impressions de Californie et Southern Exposures sont deux témoignages sur l'Amérique profonde où la prodigalité des richesses côtoie de près l'indigence et la misère humaine.