Arte édite en DVD


Hana-bi (1997)
de Takeshi Kitano

Edition collector

Terriblement traumatisé par la fin prochaine de sa femme et la paralysie d'un de ses collegues, blessé au cours d'une fusillade, le détective Nishi quitte la police.
Il va commettre un hold-up pour soulager les miseres de ceux qui l'entourent.
La sérénite du dernier voyage qu'il entreprend avec sa femme, vers le mont Fuji, va etre brisée par l'arrivée de yakusas vengeurs.

 

Fiche technique
Distribution

Réalisation : Takeshi Kitano
Assistant réalisateur : Hiroshi Shimizu
Scénario : Takeshi Kitano
Directeur de la photographie : Hideo Yamamoto
Musique : Joe Hisaishi
Montage : Takeshi Kitano et Yoshinori Oota
Costumes : Masami Saito
Décors : Tatsuo Ozeki
Production : Bandai Visual Co. Ltd., Japon / Office Kitano, Japon /
Television Tokyo Channel 12 , Japon / Tokyo FM Broadcasting Company
Durée : 103 minutes
Sortie en salles : 05 Novembre 1997

Yoshitaka Nishi : Takeshi Kitano
Tesuka : Tetsu Watanabe
Miyuki, la femme de Nishi : Kayoko Kishimoto
Nakamura : Susumu Terajima
Yakuza Hitman : Hakuryu
Un criminel : Yasuei Yakushiji
Le docteur : Kenichi Yajima
La veuve de Tanaka : Yuuko Daike
Le businessman Edamame Tsumami
Le chef : Yurei Yanagi
Le chef : Sujitarou Tamabukuro
Le détective : Motoharu Tamura

Les suppléments
Les caractéristiques techniques

Takeshi Kitano, l'imprévisible (in Cinéma de notre temps)
Documentaire de Jean-Pierre Limosin - 1999 - 68 min.
Entretien avec Takeshi Kitano
Making-of
Galerie de peintures de Takeshi Kitano

Durée : 103 minutes.
Langue
: version originale (japonaise), sous-titrée en français, anglais et espagnol.
Format image : 16/9 compatible 4/3 - Format cinéma respecté 1.1 .85 - Couleurs.
Format son : Français Dolby Digital 2.0.

 

 
Tout feu, tout fleurs
 

      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hana-bi est un film sur l'amour. Amour affecté d'une mélancolie poignante entre Nishi et sa femme condamnée par la maladie, amour perdu pour Horibe, son collègue paralysé... C'est aussi une histoire de violence et de mort : il y a l'affrontement avec le meurtrier en fuite, la lutte féroce avec les gangsters usuriers, ou encore la mort prématurée de la fille de Nishi en toile de fond... Le titre, Hana-bi, symbolise l'alliance de ces éléments contraires : Hana, la fleur, est l'amour, et bi, le feu, la mort violente. Le film porte bien la marque de son metteur en scène, de son style virtuose et léger, cruel et plein d'humour, mais Takeshi Kitano accède ici à une profondeur et une sophistication encore jamais atteintes dans ses œuvres précédentes. Les dialogues se font plus rares et plus percutants. L'utilisation de plongées aériennes et de caméras vidéo témoignent d'une recherche formelle inédite. L'insertion de plans pour signifier les saisons, par exemple les cerisiers en fleur ou la neige sur le mont Fuji, apporte une respiration et un rythme particuliers. Mais ce qui donne son caractère si distinctif à Hana-bi, ce sont les inserts de peintures et de dessins, signés de Takeshi Kitano lui-même. Ils représentent des fleurs peu à peu saisies par la mort, mais aussi des feux d'artifices qui s'éteignent comme des lucioles en voie de disparition. Entre fusillade et feu d'artifice, la vie, pour ceux qui la brûlent, s'élève comme une trace de fumée dans le ciel noir, fleurit et retombe avant de s'éteindre.

Dans le documentaire Takeshi Kitano, l'imprévisible (issu de la collection "Cinéma de notre temps"), Jean-Pierre Limosin filme son ami Takeshi Kitano sur le tournage de son film Le Drôle d'été de Kukujiro.
Il provoque la rencontre du cinéaste japonais et de son ancien maître, Hasumi-sensei, philosophe et érudit de cinéma, spécialiste d'Ozu.
Takeshi Kitano n'a été découvert que tardivement en Europe. Au Japon, c'est une star, mais beaucoup moins pour son travail de cinéaste que pour son talent de vedette à tout faire de la télévision. Séries légères, pubs ménagères, présentateur de talk-shows, déguisé en souris grise et rose, en bouffon médiéval, en professeur Nimbus, c'est selon : Takeshi Kitano n'est jamais, là où on l'attend.
Jean-Pierre Limosin qualifie son ami d'imprévisible. Ou plutôt, il traduit ainsi les 4 idéogrammes japonais qui définissent Kitano, soit littéralement : « quelqu'un qui sème la confusion chez les dieux et les diables», ou encore «quand l'un apparaît l'autre disparaît »... énigmatique. Or effectivement, d'un film à l'autre voire au sein d'un même film, Takeshi Kitano passe avec une fluidité remarquable, de la violence à la tendresse, de la souffrance au rire, de la pègre à l'enfance.
Pour nous donner les clefs de cet univers cinématographique si personnel, Jean-Pierre Limosin a recours à un entremetteur, Hasumi-sensei, doyen de l'Université de Tokyo, philosophe et passionné de cinéma, ancien professeur de Kitano. Un dialogue de plusieurs jours s'instaure alors, comme une auto-analyse, Kitano par Kitano... Et l'imprévisible prend consistance.