L'Enfance
nue, La
Maison des bois, Nous
ne vieillirons pas ensemble, La
Gueule ouverte, Passe
ton bac d'abord
Notes de bas de page
Notes :
17. Entretien
avec Maurice Pialat par Christian Fevret et Serge Kaganski.
« Des petits miracles » in Les Inrockuptibles,
numéro double n°52, hiver 1994 (les albums de
l'année 1993), pp. 76-92.
18.
C'est François Truffaut, émerveillé
par L'Amour existe, qui incitera Claude Berri à
produire L'Enfance nue, le premier long-métrage
de Maurice Pialat.
19.
« Avec la science d'un Flaherty rôdé aux
méthodes modernes du cinéma-vérité,
mais aussi une netteté et un équilibre de
vision rares dans le cinéma spontané, Pialat
invite à vivre ses Nanouks artésiens. Chaque
amateur, "jeté à l'eau", trouve
tout seul les mots et les gestes qu'il sent nécessaires
à l'intérieur d'une situation donnée
mais qui lui est familière : un caractère
surgit, prend forme et consistance, lui-même enfin
en quoi le cinéma le fixe. »
Tailleur Roger, « L'Enfance nue » in Positif
n°100-101, décembre 1968-janvier 1969.
20.
Entretien avec Maurice Pialat par Christian Fevret et Serge
Kaganski. « Des petits miracles », op.
cit.
21.
Pascal Mérigeau, Pialat, Editions Grasset
& Fasquelle, Collection Biographie, Paris, 2002.
22.
Albert Cervoni, « La vérité au sommet
» in Cinéma 69 n°134, mars 1969.
23.
Cf. article de Jacques Aumont sur le montage de L'Enfance
nue.
« Chutes - Note sur Allemagne année zéro
et L'Enfance nue - » in Vertigo n°3,
Editions Avancées cinématographiques et Vertigo,
Paris, 1988, p. 60.
24.
François (Michel Tarrazon) est un enfant de l'«
assistance publique », ballotté de famille
d'accueil en famille d'accueil. Recueilli temporairement
à Lens par les Joigny (Linda Gutemberrg et Raoul
Billerey) pour lesquels Josette (Pierrette Deplanque) reste
l'enfant privilégié de la famille, François
accumule les méchancetés. Après avoir
tué le chat de la petite fille (par jalousie ?),
il est alors placé chez les Thierry (Louise
et René Thierry), un couple de retraités de
la mine, nommés aussi Mémère et Pépère.
François se retrouve avec deux enfants orphelins,
Raoul et Valérie, également recueillis par
le couple de personnes âgées. Même s'il
semble mieux s'intégrer que les fois précédentes
(et notamment grâce à la présence Mémère
la vieille, la mère de Mémère qui vit
sous le même toit), l'enfant connaît aussi par
moment, de brusques accès d'agressivité qui
le conduiront pour finir à commettre un grave accident
de la route (un jet de pierre sur une voiture du haut d'un
pont constituera le geste de trop sanctionné par
un séjour en maison de redressement).
Les Thierry avouent ainsi leur impuissance face à
M. Letillon (l'instructeur de l'assistance). François
sera placé en maison de rééducation...
jusqu'à Noël, espère t-il et écrit-il
dans une lettre envoyée à la fin du film à
Pépère et Mémère qu'il souhaite
revoir bientôt.
25.
« La réalité sociale, chez lui, ce sont
les petits, les paumés, les pauvres ménages
du Nord (L'Enfance nue) les ouvriers qui souhaitent
un autre avenir à leurs enfants (Passe ton bac
d'abord
), les marginaux immigrés (Police),
les gosses de l'assistance publique (L'Enfance nue,
La Maison des bois), les loubards (Loulou).
Sa manière de filmer est symptomatique de son
angoisse perpétuelle : gros plans traquant le moment
de crise, cadrages mobiles et toujours serrés, guettant
la faille. »
René Prédal, « Maurice Pialat »
in 900 cinéastes français d'aujourd'hui,
Editions du Cerf-Télérama, Collection 7ème
Art, Paris, 1998.
26.
Jacques Aumont, « Chutes - Note sur Allemagne
année zéro et L'Enfance nue - »,
op. cit., p. 58.
27.
Yves Laumet produira à la même période
Du côté d'Orouet de Jacques Rozier et
le dernier projet de Jean Renoir,
Le Petit Théâtre de Jean Renoir.
28.
Maurice Pialat et Arlette Langmann quittent à cette
époque La Celle-Saint-Cloud pour Paris où
ils vivront des années et plutôt modestement
(malgré le succès et la série de prix
reçus par L'Enfance nue) dans un petit appartement
de la rue Traversière.
29.
« En 1940, Pialat, lui aussi, a été
déplacé, il n'a pas quitté ses parents,
mais il s'est retrouvé à la campagne, en Auvergne,
loin de Montreuil, loin de la ville (
). »
Pascal Mérigeau, Pialat, op. cit.,
p.82.
30.
Pour le résumé détaillé des
sept épisodes de la série La Maison des
bois, nous renvoyons le lecteur au livre de Joël
Magny. Maurice Pialat, Editions de l'Etoile/Cahiers
du cinéma, Collection "Auteurs", Paris,
1992, pp. 14-16.
31.
Fernand Gravey fut notamment dirigé par Max Ophuls,
Pierre Chenal, Marcel L'Herbier, Julien Duvivier, Sacha
Guitry et André Hunebelle.
32.
Pascal Mérigeau, Pialat, op. cit.,
p.89.
33.
Jean-Claude Bourlat sera appelé (à Senlis)
pour remplacer Bernard Dubois, qui finalement acceptera
de rester pour terminer le tournage aux côtés
de Maurice Pialat.
34.
Jean-Pierre Rassam marqua énormément la production
française des années 70 où il était
incontournable.
Capable de produire sur un coup de tête, sans aucune
garantie (il aimait dire qu'il ne lisait jamais aucun scénario),
il permit ainsi à de nombreux cinéastes de
réaliser des films qui n'auraient peut-être
jamais pu être financés ailleurs, dans
d'autres circonstances. Entre 1970 et 1979, il aura notamment
produit les films de Jean-Luc Godard (Tout va bien,
Numéro deux, Comment ça va ?,
Ici et ailleurs), Marco Ferreri (La Grande bouffe
et également Touche pas à la femme
blanche qui fut à l'origine des ennuis financiers
qu'il connaîtra) et Robert Bresson (Lancelot du
Lac).
35.
Pascal Mérigeau, Pialat, op. cit.,
p. 99.
36.
Plus tard, Jean-Pierre Rassam produira les films de
Jean Yanne. Quant à Marlène Jobert, Maurice
Pialat la connaissait du temps où elle était
la compagne de Claude Berri.
37.
Jean est cinéaste. Il a une quarantaine d'années
et est marié depuis longtemps à Françoise,
qu'il fait souffrir mais dont il n'arrive pas à divorcer.
Parallèlement, il vit depuis six ans une liaison
amoureuse avec Catherine, une jeune secrétaire qui,
très amoureuse, supporte tant bien que mal ses sautes
d'humeur. Le couple se rend en Camargue sur l'un des tournages
de Jean. Sur un marché, leur relation se détériore
et ne cessera de se dégrader au fils des mois. La
jeune femme s'en va et revient ; Jean la rejette et la rappelle
sans cesse...jusqu'au moment où elle le quittera
définitivement pour un autre homme, dira-t-elle....
Ils ne vieilliront jamais ensemble....
38.
Nous ne vieillirons pas ensemble de Maurice Pialat,
Editions Galliera, Paris, 1972.
39.
Après avoir quitté Colette, Maurice Pialat
retrouvera un temps Micheline partie à New-York (Jean-Pierre
Rassam sera également du voyage en novembre 1970).
40.
« Rarement titre ne fut plus exact, plus important. Il a
un parfum d'échec et de mort. Rarement a t-on montré
aussi cruellement les doubles mécanismes de l'aliénation
sociale et amoureuse. (...) C'est l'univers des choses qui
ne s'arrange pas, des temps morts, des ratages. Pialat ne
nous assène ni cours de politique, ni leçon
de psychanalyse, mais nous présente des êtres
réels en proie à des personnalités
et des problèmes réels. Cinéma de la
densité. La distance que Pialat garde avec
la réalité se situe au niveau du découpage
et du montage. Tout doit "tenir" dans ce
qui est donné au fur et à mesure sur l'écran.
»
Mireille Amiel, Cinéma 72 n°167, juin
1972.
41.
Susannah York obtiendra le prix d'interprétation
féminine pour sa prestation dans le film Images
de Robert Altman et le grand prix sera attribué ex-aequo
à, La Classe ouvrière va au paradis
d'Elio Petri et à L'Affaire Mattei de Francesco
Rosi.
42.
Jean-Claude Guiguet, « La Gueule ouverte »
in La Saison cinématographique 1974.
43.
Maurice Pialat fut immédiatement attiré par
Gérard Depardieu à qui il voulait déjà
confier le rôle de Jean dans
Nous ne vieillirons pas ensemble. Finalement, l'acteur
préférera tourner Les Valseuses de
Bertrand Blier.
44.
« Une scène ressentie est une scène réussie,
déclare Pialat seulement, il faut la tourner coûte
que coûte, tout de suite, sans se soucier de la beauté
formelle du cadrage ou de l'harmonie des couleurs. »
Dominique Rabourdin, Cinéma 74 n°188,
juin 1974.
45.
« [Ce cinéma] s'inscrit comme un cinéma de
la durée, de l'étirement du temps ; plus exactement,
il se propose comme la restitution exacte et fidèle
de ce que cette durée peut représenter lorsque
plus rien n'est là pour la « meubler » et pour détourner
les personnages de cette irrémédiable accumulation
des secondes, des minutes et des heures qui, petit à
petit, égrènent et rongent leur vie de l'intérieur.
»
Olivier Eyquem, « La mort à nu - (sur
La Gueule ouverte) - » in Positif n°159,
mai 1974.
46.
« Entre aussi en jeu un certain manque d'imagination que
je n'ai découvert qu'assez tard. J'ai cru longtemps,
jusqu'au jour où il m'a fallu passer à l'acte,
que j'avais une imagination débordante et que je
pouvais mettre en forme à peu près n'importe
quel sujet. Finalement, je me suis rendu compte qu'il n'en
était rien. Bien sûr, j'ai suffisamment d'imagination
pour concevoir une fiction, mais ce qui me heurte d'emblée,
c'est l'invraisemblance, surtout au cinéma. Dès
que je pars d'une histoire vraie, qu'elle soit, personnelle
ou non, et que je cherche à lui ajouter des épisodes
fictifs, ceux-ci deviennent immédiatement aberrants.
»
Stéphane Lévy-Klein et Olivier Eyquem,
« Trois rencontres avec Pialat » in Positif n°159,
mai 1974.
47.
Monique
Bastide (Monique Mélinand), la cinquantaine, est
venue à Paris, chez son fils unique Philippe (Philippe
Léotard), pour subir des examens médicaux.
Un cancer est diagnostiqué et, après quelques
jours d'hospitalisation, Monique, condamnée par les
médecins, retourne chez elle, dans un petit village
auvergnat. Tout en continuant à s'occuper de sa mercerie
et à vaquer à ses occupations (bistrot, jardinage,
etc.), Roger (le garçu interprété par
Hubert Deschamps) la veille au seuil de sa mort, avec Philippe
venu les rejoindre. Les relations de ce dernier avec son
épouse Nathalie (Nathalie Baye), qui ne peut s'empêcher
de ressasser de vieilles rancunes à l'encontre de
sa
belle-mère mourante, se détériorent,
d'autant qu'il assouvit difficilement sa sexualité
avec quelques prostituées de passage. Une fois Monique
enterrée, Philippe repart, laissant dans sa boutique
son père qui n'a pas voulu acquiescer à sa
demande, toute formelle, de venir avec lui et Nathalie à
Paris.
48. Olivier Eyquem, « La
mort à nu - (sur La Gueule ouverte) - » in
Positif n°159, mai 1974.
49.
Philippe Carcassonne et Jacques Fieschi, « Maurice Pialat,
histoire d'un cinéaste - entretien avec Maurice Pialat
- » in Cinématographe n°57, avril
1980.
50.
Maria raconte l'histoire d'une jeune fille qui épouse
un garçon plus fortuné qu'elle et qui prend
le pouvoir sur son mari et sa belle-famille.
51.
Yves Boisset s'intéressera lui-aussi à ce
fait divers et Alain Tanner s'en inspirera pour tourner
Messidor.
Que soit remercié Nadia Sadi Compagnion pour son
aide.
52.
Une mauvaise expérience commune destinait pourtant
les deux hommes à ne plus se revoir. En effet, Maurice
Pialat avait accepté de tourner un court-métrage
sur le handicap mental dans le cadre d'une production télévisée
dirigée par Bernard Verley. Cinq jours de tournages,
cinq cinéastes différents, cinq films au total.
Maurice Pialat (qui voulait faire tourner Thomas Langmann,
le fils de Claude Berri) quittera le plateau dès
les premières prises de vue et sera remplacé
par son assistant Patrick Grandperret qui n'a alors rien
vu de Pialat. Il acceptera de retravailler avec le cinéaste
lorsqu'il découvrira L'Enfance nue
qui le bouleversera.
53.
Sur les deux millions de francs (soit 304 500 € environ)
accordés au film Les Filles du Faubourg, 1,3
millions de francs (soit 198 000 € environ) auront
été dépensés pour la préparation
des Filles du Faubourg et pour le film Les
Meurtrières. Il reste donc 700 000 francs
(soit 107 000 € environ) pour réaliser un film,
quel qu'il soit. France 3 et l'INA rajouteront à
cela un million de francs (soit 152 000 € environ)
pour compléter le budget du futur film en question.
54.
Maurice Pialat aurait aimé tourner avec Pierrette
Deplanque et Vittorio ; ces derniers refuseront (après
des essais concluants) d'y participer, 15 jours avant le
début du tournage.
55.
A Lens, les élèves d'un cours de philosophie
se retrouvent plus volontiers au café-hôtel
du coin (chez Caron).
Là se font et se défont des couples aléatoires.
Abandonnée par Bernard, Agnès, qui ne peut
plus supporter ses parents, épouse le camionneur
Rocky. Leur couple bat de l'aile. Quelques uns se
retrouvent dans un chambre d'hôtel (pour échapper
à leurs famille respective) et se font prendre pour
des drogués. Accueilli comme un fils par les parents
d'Isabelle, Philippe finit par épouser cette dernière,
enceinte. Caron drague moins les filles qu'il veut que celles
qu'il peut. Bernard part avec Patrick pour la capitale en
camionnette.
56.
« La cruauté et l'exactitude de ce cinéma
ethnographique tiennent à une position de caméra
(mais c'est encore trop "physique", il faudrait
parler de position d'"expérience") telle
que puisse être saisi, et de là seulement "ce
qui fait mal où ça fait mal".
Rien ne doit nous être épargné de
ce que la chirurgie désigne du terme : "point
de douleur exquise".
Cette violence n'est pas chez Pialat sadique, comme elle
l'est chez Rouch ou Eustache mais exactement masochiste.
L'enjeu est d'épingler un état de surprise
et comme de dénuement du corps d'acteur, avant que
la narration, imminente, ne l'ait déclenché.
Le montage consistant alors à maintenir, tout au
long d'un récit minimal (aucun liant) cet état
antérieur du corps, en sorte que sous ce semblant
de récit ne cesse de courir un refus de se plier
à lui. »
Cf. intégralité du très bel article
de Jean Narboni, « Le Mal est fait » in Cahiers
du cinéma n°304, octobre 1979.
57.
« Moi, j'ai beaucoup de peine à peindre le milieu
bourgeois. »
« Entretien avec Maurice Pialat » par Philippe Carcassonne
et Jacques Fieschi in Cinématographe n°50,
octobre 1979.
58.
Pour la petite histoire, Patrick Grandperret aura dû
faire le voyage à Paris pour aller chercher le vrai
presse-légumes, celui qui fût à l'origine
d'une vieille dispute entre Arlette Langmann et Maurice
Pialat, en présence de Micheline, laquelle aura reçu
au passage un mauvais coup - elle s'en tirera avec une lèvre
fendue - en tentant de séparer le couple.
59.
« Acteurs non-professionnels pris sur le tas, filmés
là où ils sont et comme ils vivent, ne représentent
qu'eux-mêmes. Le cinéma n'émeut pas
seulement pour le sujet qu'il se donne, mais par la capacité
qu'il a de donner à voir.
Pialat filme avec les corps de ces jeunes acteurs comme
matière première. Car ces jeunes accèdent
au statut d'acteur non pour leur photogénie, ou leur
bonne "nature" mais par la capacité qu'ils
ont (ou qu'ils n'ont pas) de plier leur corps aux impératifs
d'une fiction qui les prend comme sujet(s), leur capacité
de jouer et de faire émerger la vérité
de leur propre personnage. Les jeunes sont là pour
tenir un rôle, donner vie et corps à une figure
dans le temps qui leur revient et dans les seules limites
du cadre : sans le recours (secours) du hors-champ.
Un découpage et un montage serrés viennent
renforcer cet enfermement des personnages dans le cadre.
Il y a dans le film comme une sorte de "promiscuité"
naturelle des jeunes entre eux, comme s'ils vivaient les
uns sur les autres. Les jeunes s'entassent, le plus nombreux
possible dans les limites du cadre. Et chacun, à
l'intérieur du groupe, corps et visages amoncelés,
tente, par un geste ou une mimique, de se détacher
pour recentrer l'image sur lui ou sur la demande de son
regard. »
Thérèse Giraud, « Note sur Passe ton
bac d'abord » in Cahiers du cinéma n°304,
octobre 1979.
60.
Cf. Pialat de Pascal Mérigeau, op. cit.,
p. 159.
L'Enfance
nue, La
Maison des bois, Nous
ne vieillirons pas ensemble, La
Gueule ouverte, Passe
ton bac d'abord
Notes de bas de page
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