Maurice Pialat
L
e Mal-aimé, le mal d'aimer par Christel Taillibert

       
Quand existence rime avec souffrance…
Et quand le monde n'inspire que la révolte…
Quand un cinéaste se révèle…
Quand la famille est malade...
Quand amour ne rimera jamais avec toujours…
Quand la seule certitude se nomme solitude…
Quand, enfin, transparaît la vérité des êtres...

Notes de bas de page


        Les motifs de la rancœur de Pialat envers la vie sont aussi à chercher dans sa propre biographie, au sein de quelques épisodes douloureux dont les relents parcourent l'ensemble de son œuvre.
        La Gueule ouverte est probablement celui de ses films dans lequel il utilise le plus de matériaux autobiographiques. L'histoire se passe à Cunlhat, dans le Puy-de-Dôme, son village natal ; le père, surnommé
"le garçu" comme son propre père, y tient une boutique, à l'image de ses propres parents. De ses souvenirs d'enfance, il y introduit l'infidélité de son père et son penchant pour la boisson, mais aussi le vécu du fils, Philippe (Philippe Léotard), que les parents ont abandonné à Paris pour revenir en province.4
        De film en film se dessine ainsi le cadre relationnel de l'enfance de Pialat, comme une plaie toujours ouverte que les années ne parviennent à refermer.
Il évoquera par exemple souvent le caractère de sa mère, absente (L'Enfance nue), toujours malheureuse (Nous ne vieillirons pas ensemble, 1972), et ayant toujours dénigré ses capacités (Van Gogh).
        Cette forte dimension autobiographique est évidemment renforcée par la présence récurrente de Pialat parmi ses acteurs. Il sera tour à tour instituteur dans La Maison dans les bois, le père dans A nos amours, puis le prêtre Menou-Segrais dans Sous le soleil de Satan. Dans son dernier film, Le Garçu (1995), c'est son fils Antoine qui prend le relais, jouant le rôle du petit garçon du couple interprété par Gérard Depardieu et Géraldine Pailhas. La fascination paternelle qui transparaît à travers cette œuvre ultime semble traduire une sorte d'apaisement dans l'existence tourmentée de Pialat. Retour...
Les "Portraits de Cinéastes" de Cadrage - Une collection dirigée par
© Cadrage/Arkhome 2004