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Maurice
Pialat
Le
Mal-aimé, le mal d'aimer par
Christel Taillibert
• Quand
existence rime avec souffrance
• Et
quand le monde n'inspire que la révolte
• Quand
un
cinéaste se révèle
• Quand
la famille est malade...
• Quand
amour ne rimera jamais avec toujours
• Quand
la seule certitude se nomme solitude
• Quand,
enfin, transparaît la vérité des
êtres...
• Notes
de bas de page
Tout
comme la famille, Pialat pose sur les relations amoureuses
un regard extrêmement torturé. L'amour
est au cur de son cinéma, mais il s'agit
le plus souvent d'un amour destructeur, apportant plus
de souffrance que de réconfort à ceux
qui l'éprouvent. Il suffit pour s'en persuader
d'observer le spectacle affligeant offert par Catherine
et Jean dans Nous ne vieillirons pas ensemble.
De disputes en séparations, d'insultes en tentatives
de réconciliation, ils composent un ballet aux
allures de triste pantalonnade. La félicité
que l'amour est censé apporter à l'être
humain leur est refusée par le cinéaste
: leur union semble vouée à l'instabilité,
à l'image de cette voiture - ersatz de foyer
conjugal - qui abrite leurs rencontres, leurs séparations
et leurs retrouvailles. Jamais aucun enthousiasme n'anime
leurs rencontres, et seule la tristesse engendrée
par la conscience de la médiocrité de
leur relation se reflète dans leur yeux.
A
l'image de Catherine et Jean, couple illégitime
dont la relation dure depuis six ans, l'amour - qui
se confond souvent avec la sexualité - s'exprime
le plus souvent hors du mariage. Ainsi, malgré
son âge avancé et la maladie de sa femme7,
le garçu (La Gueule ouverte) fréquente
toujours la vieille Jeanne, qu'il aurait voulu épouser
naguère. De
même dans Loulou, Nelly va chercher auprès
de son nouveau compagnon, Loulou, la relation sexuelle
et sentimentale qui lui fait défaut aux côtés
de son mari. Ici, l'image que ces derniers offrent dans
la dernière scène du film, titubant, accrochés
l'un à l'autre comme à une bouée
de sauvetage, illustre une conception artificielle et
faussée du couple, dernier rempart contre la
solitude.
Ainsi, si l'on parle beaucoup d'amour dans les films
de Pialat, ses personnages semblent totalement incapables
d'aimer. Cette caractéristique s'applique tout
particulièrement à Suzanne dans A nos
amours : « Ce n'est pas très agréable
de vivre sans aimer personne, ça me fait peur....
J'ai l'impression d'avoir le cur sec »
confie t-elle à Richard, un de ses multiples
compagnons.8
Celle-ci se contentera donc de nouer des relations superficielles
avec des hommes qu'elle feindra d'aimer, souffrant dans
sa chair de son incapacité à éprouver
ces sentiments que lui avaient fait miroiter ses lectures
romantiques. Retour...
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