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Maurice
Pialat
Le
Mal-aimé, le mal d'aimer par
Christel Taillibert
• Quand
existence rime avec souffrance
• Et
quand le monde n'inspire que la révolte
• Quand
un
cinéaste se révèle
• Quand
la famille est malade...
• Quand
amour ne rimera jamais avec toujours
• Quand
la seule certitude se nomme solitude
• Quand,
enfin, transparaît la vérité des
êtres...
• Notes
de bas de page
Notes
:
1. Il a réalisé
dix longs-métrages pour le cinéma auxquels
il faudrait ajouter une série télévisée,
La Maison dans les bois (1971).
2. D'où la propension
de Pialat à mettre en scène la fin de
processus divers : fin des liaisons amoureuses (Nous
ne vieillirons pas ensemble, Le Garçu),
fin des vies (La Gueule ouverte, Van Gogh,
Le Garçu), fin d'un espoir (espoir engendré
par la maternité dans Loulou, espoir lié
à la découverte de l'amour dans Police)...
3. Ce pouvoir de ceux qui ont
de l'argent sur les carrières artistiques, Maurice
Pialat l'a éprouvé dans sa chair puisque
suite à l'avènement de la Nouvelle Vague
en France, il considère avoir été
mis à l'écart des instances productives
pour la simple raison qu'il ne faisait pas partie de
la "bande" des « Cahiers du cinéma
». Ce ressentiment, ce sentiment d'injustice
ne le lâcheront plus jusqu'à sa mort, et
alimenteront constamment son univers cinématographique.
4. Ce sentiment d'abandon se
développe très tôt chez Maurice
Pialat, après que sa mère l'a confié
à sa grand-mère pour travailler. C'est
autour de ce même sentiment qu'il construit le
personnage du jeune François de L'Enfance
nue (1969).
5. Le personnage de la grand-mère
de Catherine, dans Nous ne vieillirons pas ensemble,
est assez symptomatique de la façon dont Pialat
introduit par petites touches sa propre perception,
totalement désabusée, des liens familiaux.
Il nous présente en effet cette femme comme ayant
construit une belle et grande maison à la campagne
pour y recevoir ses enfants et petits-enfants, qui n'y
mettent jamais les pieds car ils préfèrent
passer leurs vacances sur la Côte d'Azur....
6. Le même scénario
se reproduit lors du dîner familial à la
fin de A nos amours : alors que la mère
et ses enfants semblent enfin harmonieusement réunis,
l'irruption du père exacerbera toutes les tensions
latentes, montrant que rien n'a changé...
7. Laquelle par ailleurs, agonisante,
à peine capable de bouger les lèvres,
emploie ses dernières énergies vitales
à faire des reproches à son mari («
Tu sens le vin.»).
8. Son père, à la fin
du film, confirmera cette auto-analyse en lui disant
: « Tu arriveras jamais à aimer quelqu'un,
tu attends qu'on t'aime....»
9.N'entend t-on pas Mangin
affirmer à Noria (Police) : «
Tu es déjà aussi dure que ceux qui
ont vécu. Tu n'as pas de cur, tu te fous
de tout. Tu es comme une tour fermée, il n'y
a rien qui peut t'entamer....»
Utilisant des termes plus ou moins similaires, Cathy
avouera à Vincent (Van Gogh) qu'elle se
fout de tout, qu'elle ne croit pas à l'amour.
10. L'accompagnement musical
de ces images, un solo féminin, accentue cette
sensation de solitude.
11. Le scénario
se fait d'ailleurs extrêmement cruel à
son égard puisque après que Noria lui
a annoncé son départ, il s'enfonce dans
la nuit, rendu à son avenir solitaire. La musique
qui intervient alors, une voie féminine en solo,
semble proposer que la seule présence féminine
possible à ses côtés est abstraite,
imaginaire, fantasmée.
12. La scène
du conflit familial qui conclut A nos amours
est symptomatique de cette méthode de travail.
13. Quelques films rompent
avec cette esthétique : Loulou par exemple,
dans lequel la caméra est très mobile,
très proche des personnages, exprimant la défiance
du couple Loulou/Nelly face à une stabilité
qu'ils assimilent à un monde bourgeois et immobile.
14. Par exemple, la
brève insertion d'un morceau d'opéra dans
A nos amours, sur les images de Suzanne à
un arrêt de bus, ou encore l'irruption à
deux reprises d'un extrait d'une symphonie de Henri
Dutilleux dans Sous le soleil de Satan, alors
que la conscience de Donissan traverse des remises en
question plus brutales encore que les autres. Retour...
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